Le lascar de Montmartre : Ferdinand Janssoulé (1834-1883), un franc-tireur de la Commune

Le 18 mars 1871, Thiers veut reprendre les canons rassemblés sur la
butte Montmartre. Il échoue. Les soldats refusent de tirer sur le peuple
ameuté dans le petit matin. Fait prisonnier, le général Lecomte est conduit
rue des Rosiers, où le rejoint bientôt le général Clément Thomas. Tous deux
sont fusillés. L'insurrection débouche sur la Commune de Paris, qui sera
noyée dans le sang deux mois plus tard.
Ferdinand Janssoulé n'a pas cherché à devenir une figure du mouvement
communaliste. Il se voulait simplement citoyen et poète. Les événements
l'ont plongé au coeur d'une épopée tragique. Le voici commandant de
la place d'Asnières puis chef des Lascars de Montmartre, un corps de
francs-tireurs. Arrêté, traduit devant le conseil de guerre, il va passer cinq
ans dans les prisons de la réaction versaillaise.
La faute aux circonstances. À la duplicité des gouvernants qu'inquiète
l'émergence des classes laborieuses. Au caractère de ce Bigourdan indomptable,
que révoltent l'injustice et la démagogie. Et peut-être, aux heures décisives,
la tentation d'être un héros aux yeux de Blanche, cette jeune amazone qui rêve
de la Révolution sociale...