La plume et les barricades : de Lamartine à Baudelaire : les grands écrivains dans la révolution de 1848

Gustave Flaubert, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Charles Baudelaire, Alphonse
de Lamartine, George Sand, Honoré de Balzac, Eugène Sue, Jules Vallès... ils
sont tous là ou presque ! Parce qu'elle se situe au milieu du siècle, la révolution
de 1848 a été vécue par la majorité des écrivains du XIX<sup>e</sup> siècle, pris par la fièvre
démocratique. Commencée dans l'illusion lyrique de février, elle s'est terminée
dans le sang de la répression de juin, avant que Louis-Napoléon ne soit porté
au pouvoir pour ramener ordre et stabilité. Oubliée ou décriée, elle a pourtant
contribué à des avancées politiques importantes : suffrage universel pour les
hommes, abolition de l'esclavage, de la peine de mort pour raisons politiques,
liberté de la presse et de réunion, suppression des châtiments corporels...
Sur le mode du récit imagé et vivant, Jean-Pierre Bédéï nous fait revivre l'exaltation
ambiguë de Baudelaire, l'ambivalence et les cas de conscience de Hugo,
la détermination puis la déception de la pasionaria George Sand, le triomphe
éphémère de Lamartine, la ruine de Dumas, les malheurs de Musset ou encore
le cynisme goguenard et corrosif de Flaubert dont les journées de 1848 serviront
de toile de fond à L'Éducation sentimentale.
Certains intellectuels sont restés des observateurs attentifs, d'autres se sont
engagés à travers leurs écrits, quelques-uns se sont portés candidats aux élections,
ou ont fait le coup de feu. Aucun n'est resté indifférent à la tourmente !
Sous nos yeux, la république des Lettres s'agite avec ses égoïsmes, ses prétentions,
ses convictions, sa candeur et, surtout, ses contradictions. Voici une
relecture originale et pleine de verve de cette année charnière de l'Histoire qui
résonne en nous, aujourd'hui, à bien des égards.