Jésus-Christ matador : et autres nouvelles

Pour aimer Moby Dick , point n'est besoin de militer en
faveur de la pêche à la baleine ; la littérature authentique
survit à ce qui l'inspire.
Parce qu'elle parle de courage, de pouvoir, d'ambition,
de souffrance, de lâcheté, d'argent, de sexe, d'amour, de
mort, parce qu'elle dit l'Espagne et la suavité des nuits,
l'orgueil et la honte de transmettre la passion, la gloire et la
vanité de la gloire, il est peu de thèmes qui, plus que la
tauromachie, nous permettent d'approcher au plus juste les
mystères et les ombres de l'humaine condition.
Et puisque le combat entre l'homme et le taureau est un
drame bref, qui n'excède pas vingt minutes et se termine
par un coup d'épée ou de corne, quelle forme est plus apte
à en exprimer le rythme et la sobriété que la nouvelle, dont
la brièveté, elle aussi, s'achève par une pointe ?
Novilleros phénomènes, toreros déchus ou avortés,
comparses que la vie a lynchés, héros méconnus, vieil
aficionado désabusé, en neuf récits ironiques ou
mélancoliques, Olivier Boura explore l'univers taurin, sa
mémoire, ses mythes et ses obsessions dans une galerie de
portraits qui, nécessairement, se clôt sur la disparition
prochaine, et peut-être inéluctable, d'un art.