Quelle connerie la guerre ! : d'après son journal : 1914-1918

«Pour nos chefs, nos grands chefs, faire la guerre, c'est toujours
attaquer. Une attaque manquée mais bravement conduite et donnant
lieu à de grandes pertes, c'est militaire, c'est bien ! Faisons-nous donc
la guerre pour battre les Allemands ou pour mourir avec gloire ?
Sans idée nette, nos chefs voulaient avoir l'air de faire quelque chose
sauvant ce que l'on appelle l'honneur militaire.» Sans langue de
bois, Paul Diez, général d'artillerie pendant la Grande Guerre,
tient assidûment son journal de bord. Conservé par sa famille,
ce recueil précieux de notes et de réflexions au quotidien a fait
l'objet d'une sélection méticuleuse par Maurice Bernard qui en a
extrait les passages les plus évocateurs.
Diez, à l'image d'un Dreyfus, fait partie de ces minoritaires
engagés dans la carrière militaire plutôt que civile par patriotisme
blessé après la défaite de 1870. Sans se mouler jamais dans
le conformisme du corps des officiers qui valorisait surtout
l'obéissance aux ordres et se déclarait ouvertement hostile à
l'évolution politique de la société. Il en payera le prix.