Savages

Il était une fois un trio qui s'entendait à merveille, comme dans Jules et Jim :
Ben, docteur en botanique et en marketing, fils de psys...
Chon, mercenaire féru d'armes sophistiquées,
Ophelia - dite O -, une bimbo qu'on aurait tort de prendre pour une idiote.
La comparaison s'arrête là.
Le trio produit et commercialise de l'hydro, un cannabis cultivé hors sol,
sans matières organiques, et s'éclate gentiment - sexe, volley-ball, bière
et dope - à Laguna Beach, Californie du Sud.
Un beau matin, la reine du Cartel de Baja décide d'éliminer cette
concurrence qui fait tache dans son empire.
Le trio refuse avec panache l'offre de rachat et la belle vie californienne
tourne au cauchemar quand O. est kidnappée...
Après ça, le roman devient vraiment méchant.
Du premier chapitre qui tient en deux mots - Fuck you ! - à la dernière
scène déchirante, Savages a toutes les vertus d'un cru d'exception :
violent, passionné, cavalant sans temps mort, sans concession, sous un
soleil qui crame. Le regard d'une impitoyable drôlerie que Don Winslow
porte sur la société mondialisée du XXI<sup>e</sup> siècle est celui d'un philosophe
désabusé qui n'a pas oublié la tendresse.