Le sens de la maternité

Pas si simple que cela, la maternité ! On la désire belle et
heureuse, alors qu'elle peut être fragile et anxieuse, impossible
ou même criminelle : il y a des mères qui tuent leur nouveauné.
On la veut aisée et évidente, alors qu'elle devient artificielle
et technique, tôt suspectée et surveillée, provenant de couples
d'un nouveau genre ou de femmes seules. Tout est possible,
même l'incroyable ; tout est faisable, même l'enfantement sur
mesure.
Il n'empêche que la fréquence des difficultés à être enceinte,
à poursuivre une grossesse, à être mère est loin d'être négligeable :
au moins 10 % des femmes qui viennent d'accoucher sont en
souffrance.
Pudiquement, on parle de dépression alors que cet état est la
cicatrisation sournoise d'une situation grave, l'effondrement
maternel , le plus souvent postnatal, qui passe inaperçu par
crainte de paraître une mauvaise mère et par ignorance de sa
réalité clinique. On manque alors le moment le plus opportun
pour la prévéntion et le soin précoces, y compris au niveau du
bébé dont la naissance psychique serait ainsi mieux assurée.
Cette troisième édition du Sens de la maternité fait le point des
nouvelles connaissances acquises en maternologie ; elle établit
que la maternité est un état de l'inconscient , distinct de
ce que l'on entend habituellement par ce terme et révélateur
d'un monde dont on n'a pas idée. Les mères qui le vivent ont
besoin qu'on le sache : la maternité est un voyage en inconscient.