La personne biojuridique

À l'aide d'une expression forgée pour rappeler aux juristes
formalistes qui rêveraient d'un système prévisible de normes censées,
selon eux, «sécuriser» les décisions de justice, l'auteur de
cet essai montre combien le droit ne peut être pensé que socialement,
en relation, presque au cas par cas, pour s'appliquer en
décisions sur des personnes qui ne sont pas seulement «juridiques»,
mais incarnées, «biojuridiques», dont l'existence (bios)
n'est pas réductible à un simple corps (soma) , pas plus qu'à un
seul esprit (psyché).
À partir de multiples exemples tirés des grands débats
contemporains en bioéthique (le clonage humain, le droit de ne
pas naître, celui de mourir, le statut de l'embryon...), on verra
que cette étude «en situation» de la personne biojuridique
éclaire magistralement le travail du juge et du juriste, et replace
le droit dans sa principale finalité, qui est d'être au service de la
vie des hommes et des femmes en société. La grande utilité de ce
concept n'est donc pas tant de recommander une plus forte application
des droits de l'homme ou encore d'évaluer la sécurité des
biotechnologies, que de défendre une position éthique du droit.