Xénophon, L'Anabase

Lorsqu'en 1855 Hippolyte Taine (1828-1893) lit, retraduit
partiellement et résume l' Anabase , il fait de ce
récit le premier reportage de guerre et s'enthousiasme :
«Rien de plus curieux que cette armée grecque, république
voyageuse qui délibère et qui agit, qui combat et
qui vote, sorte d'Athènes errante au milieu de l'Asie.»
Au IV<sup>e</sup> siècle avant J.-C., l'expédition des Dix Mille,
ces mercenaires grecs partis pour Babylone et y mettre
sur le trône de l'Empire perse Cyrus, bientôt contraints de
retraverser l'Asie dans l'autre sens après avoir perdu leur
chef lors de la bataille de Counaxa, ressemblait-elle à cela ?
Taine nous donne à lire une formidable histoire abrégée
qui déjà crée une vision mythique. Celle-ci n'a pas peu
contribué à relancer l'intérêt pour Xénophon et l' Anabase.