Les personnes : la protection des mineurs et des majeurs

Au fil des temps, la personne conserve ses antinomies fondamentales, sans
cesse les mêmes avec sans cesse de nouveaux visages. Elle est le coeur et la
raison d'être de la vie sociale, de tout le droit, toujours identique et toujours
changeante : "Un misérable petit tas de secrets" avait dit André Malraux.
"Un agglomérat de cellules organisées en une multitude de fonctions" selon
beaucoup de biologistes contemporains. En même temps, un étrange colosse,
d'un élan vital sans limite, souvent hanté d'un instinct de mort.
Il n'est pas étonnant dans un monde qui se cherche que presque à chaque
jour soient repris les grands débats essayant de donner un sens à la condition
humaine. Naissance, vie et mort, enfant mort-né, euthanasie, avortement,
bioéthique, dignité de la personne, liberté d'expression et autres libertés,
l'enfance, le grand-âge - tout à la fois la joie de vivre et ses épreuves. Ce sont
les tourments d'aujourd'hui, qu'on retrouve dans d'autres règles du droit des
personnes dont la technicité ne masque pas l'importance : actes de l'état civil,
domicile, nom, respect de la vie privée, personnes morales, pouvoir de la loi
et du droit sur les personnes.
Le droit des personnes et des personnes protégées constitue, de manière
juridique, superficielle et en profondeur, l'essence même de l'anthropologie.
Il est lié aux biens et au commerce et dépend de l'immense, admirable
et redoutable pouvoir de la médecine.
La présente édition n'a pas seulement mis l'accent sur le grand-âge, mais
surtout sur une autre donnée de notre époque, l'immense pouvoir de la
science sur la procréation, riche d'espérances sans limites et d'inhumaines
conséquences, que veut maîtriser la bioéthique, sans cesse remise en débats.
Le régime des majeurs protégés a été profondément modifié par la loi du
5 mars 2007 et ses nombreux décrets d'application de décembre 2008.