Le bagne en Nouvelle-Calédonie : l'enfer au paradis, 1872-1880 : les récits de trois communards

«Disparaissez de votre pays, soyez bannis
aux antipodes et ne revenez que le plus tard
possible !»
Ils rêvaient d'abolir la royauté et de mettre en place la
République, ils rêvaient de démocratie populaire, de pouvoir
du peuple... ils rêvaient..., mais la réalité les a rattrapés.
Ils ont défendu leurs idées les armes à la main, érigé
des barricades, tiré sur des soldats,... pour que le sort de la
Commune finisse piteusement devant des conseils de guerre.
1870, 71, 72, des années terribles pour la France, empreintes
de bravoure devant l'ennemi pour certains, de patriotisme
pour la plupart, et enfin, la misère de tout un peuple déchiré
par la guerre civile. Il n'y avait pas de bons ni de mauvais
dans ce conflit, mais des idées qui s'affrontaient, chaque
camp voulant que les siennes dominent celles de l'autre.
Tout conflit, quel qu'il soit, n'apporte que misère et
rancunes, et une guerre fratricide comme celle de la
Commune n'échappa en rien à cette destinée. Le vainqueur
avait forcément raison et il infligea à son frère vaincu des
sanctions plus graves qu'il ne l'aurait fait pour un inconnu.
Les délibérés furent rapides, parfois partiaux, mais les
peines toujours lourdes.
Les condamnations à «la Nouvelle» furent nombreuses, et
cette île que nous voyons aujourd'hui comme «bénie», devint
pour eux une terre de calvaire et de souffrances. Un voyage
à fond de cale, des brimades physiques et psychologiques
incessantes, une honte journalière d'être mêlés à des droits
communs, et la perte presque définitive de leur chère patrie.
Le lecteur se verra emporté par les récits de ces trois
« Communards », et que nos pensées s'accordent ou se
différencient des leurs, découvrons ce qu'ils ont vécu et
supporté, et chérissons le fait que l'horreur du bagne soit
dévolue au passé. Ils le méritent, car sans ces preuves
accablantes qu'ils nous ont léguées, peut-être que des
Français auraient encore à subir la Damnation sur terre.