Meillet en Arménie : journaux et correspondance (1891, 1903)

Meillet en Arménie : journaux et correspondance (1891, 1903)

Meillet en Arménie : journaux et correspondance (1891, 1903)
Éditeur: Lambert-Lucas
2014ISBN 9782359350715
Format: BrochéLangue : Français

Élève de Louis Havet, de Michel Bréal et de Ferdinand de Saussure, Antoine

Meillet (1866-1936) peut être considéré comme le fondateur de l'école française

de linguistique et le créateur de l'arménologie. Sorti premier de l'agrégation de

grammaire à 23 ans, il a appris l'arménien ancien à l'École des Hautes Études

de la Sorbonne, puis chez les Pères Mékhitaristes de Vienne. Savante, littéraire et

liturgique, cette langue morte depuis le XI<sup>e</sup> siècle est une source essentielle pour la

philologie comparatiste indo-européenne à laquelle Meillet va consacrer sa vie,

tout en formant à son tour Émile Benveniste, Marcel Cohen, Alfred Ernout et

Joseph Vendryes (parmi d'autres).

Meillet a 24 ans lorsqu'il part en mission de terrain de trois mois (mai-juillet

1891) en Arménie caucasienne. Il séjourne d'abord dans la communauté

arménienne de Tiflis (Tbilissi, Géorgie) où il apprend l'arménien moderne, avant

de se rendre à Erevan puis à Etchmiadzine et à Aschtarak, dans la plaine de

l'Ararat, où il observe une langue en pleine effervescence, éclatée entre dialectes

et soumise aux influences du persan, du russe, de l'arabe et du turc. Parallèle

à son journal, on possède une abondante correspondante (29 avril - 3 août),

naturelle et enjouée, avec sa cousine Berthe Esbaupin.

Meillet renouvelle l'expérience douze ans plus tard (juillet-août 1903),

pour étudier les manuscrits des Évangiles de la bibliothèque du couvent

d'Etchmiadzine, toujours aussi ignorant - ou indifférent - aux menaces qui

pèsent du côté turc sur le peuple arménien. Ce second journal de voyage est ici

réédité par Anne-Marguerite Fryba-Reber.

Dans ces journaux et cette correspondance, on découvre un Antoine Meillet

paradoxal, peinant à apprendre et à parler l'arménien moderne, choqué par la

vie rustique de ses hôtes, parlant du Caucase comme d'un «pays de sauvages»

et rêvant «de beefsteak avec des pommes de terre frites».

L'ouvrage est complété par la reprise de l'article de Charles de Lamberterie

sur la «loi de Meillet».

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