Mémoires de guerre. Vol. 1. L'appel : 1940-1942

En 1939, lorsque la guerre éclate, voilà déjà
cinq ans qu'un colonel clame dans le désert
qu'elle est préalablement perdue. L'armée française
est trop lourde, trop peu offensive, ses
blindés sont inadaptés à la puissance de feu de
l'Allemagne nazie : aveuglée par le traumatisme
de 14-18, la France court à la défaite.
Appelé d'urgence à de hautes responsabilités
ministérielles, de Gaulle assiste à la débâcle,
malgré quelques faits d'armes personnels, à
l'Est. Bientôt le gouvernement fuit à Bordeaux,
et c'est l'armistice. Une lâcheté insupportable,
inacceptable pour un homme qui a, depuis
toujours, «une certaine idée de la France» :
il s'envole pour Londres. Tandis que d'autres
s'accommodent de Vichy, le général fait retentir,
depuis l'Angleterre, la voix d'une France irréductible,
libre, debout : la voix de la France
éternelle.