Marcel Proust

Il y a un avant et un après Proust.
Cette oeuvre, «construction rigoureuse et à quoi j'ai tout sacrifié»,
est un monument que sa singularité novatrice a transformé en mythe pour
tous ceux qui dans le monde se nourrissent de littérature.
Pour tous les lecteurs et en particulier pour ceux qui fréquentent
les bibliothèques des établissements culturels français à l'étranger,
le ministère des Affaires étrangères et son opérateur pour l'écrit, l'Association
pour la diffusion de la pensée française, ont confié à monsieur Thierry Laget,
écrivain, la responsabilité d'une exposition documentaire sur Proust
et du livret qui l'accompagne.
Qu'il soit très vivement remercié d'avoir réussi l'impossible.
Il aura été un de ces «génies» dont même ceux d'entre nous qui ont reçu
à leur naissance les dons des fées ont besoin pour être initiés à la connaissance
et à l'amour d'une nouvelle partie de la Beauté. Bien des paroles qui servent
à nos contemporains pour l'échange des pensées portent son empreinte,
comme on voit, sur les pièces de monnaie, l'effigie du souverain du jour.
Mort, il continue à nous éclairer, comme ces étoiles éteintes dont la lumière
nous arrive encore, et on peut dire de lui ce qu'il disait à la mort de Turner :
«C'est par ces yeux, fermés à jamais au fond du tombeau, que des générations
qui ne sont pas encore nées verront la nature.»
Marcel Proust, «John Ruskin», Pastiches et Mélanges.