Langue de keufs sauce piquante : l'argot des flics et des voyous

Philippe Normand sait de quoi il parle, fort de près d'un tiers
de siècle dans la police judiciaire parisienne. Ayant exercé
dans les commissariats de quartier et les brigades spécialisées,
il a récolté un vocabulaire qui se plaît à détourner systématiquement
le sens conventionnel, soit par malice, soit pour
le rendre incompréhensible au commun des profanes.
Avec un sens de l'investigation toujours vivace, cet ancien
commandant de police a repris du service pour débusquer
plus de 2 000 entrées et un déluge d'expressions étonnantes,
souvent cocasses, parfois caustiques, et toutes plus imaginatives
et colorées les unes que les autres. Sous la forme
d'un captivant jeu de piste au pays des marginaux, nous
voilà plongés, à contre-courant du langage aseptisé, dans
la réplique spontanée, le parler sans détour, de l'argot classique
à la Simonin jusqu'aux punchlines les plus incisives des
rappeurs, en passant par le lexique des flics et des truands.
Qu'elle soit ironique ou bienveillante, la «tchatche» de la
rue est souvent plus révélatrice des travers de notre société
qu'une longue et savante analyse. Aussi drôle qu'instructif, ce
«flictionnaire» décalé est une arme de dérision très originale.