L'alphabétisation au Sénégal

La conférence de Jomtien (1990) avec la devise <<education all="" for=""/>> a attiré l'attention publique encore une fois sur l'éducation et la formation comme éléments indispensables à tout développement humain, social et économique. Après les conférences antérieures - Addis Abéba (1961), Téhéran (1975) - on a pu constater des efforts encourageants en ce qui concerne l'alphabétisation et l'augmentation du taux de scolarisation. Mais chaque phase de relance a été suivie aussitôt d'une décélération soit par manque de moyens financiers, soit par manque d'engagement. La cause véritable nous paraît résider dans un fait très simple : l'alphabétisation et la scolarisation visent toujours les couches de la population les plus démunies : des enfants aux adultes illettrés.
Le Sénégal, ancienne colonie française, peut servir d'exemple à plus d'un titre pour démontrer la richesse d'initiatives et le malaise dans ce domaine.
Avec cette étude, l'auteur veut rendre justice à tous ceux qui se sont investis dans le travail d'alphabétisation - souvent sans rémunération, mais avec grand succès. Il contribue donc à retracer le chemin de leur engagement depuis l'époque coloniale jusqu'à nos jours. Mais ce combat aurait pu être plus avantageux - aujourd'hui on compte encore plus de 50 % de Sénégalais illettrés - si les responsables avaient mené une stratégie plus courageuse tenant compte officiellement du multilinguisme qui exprime la réalité sociolinguistique du pays.