L'ardeur et la mélancolie : voyage en musique allemande

Musicologues, hommes de lettres et philosophes ont sans
doute presque tout dit de la musique allemande, en
particulier du romantisme. Se demander, une fois encore, ce que
peut bien être «l'identité allemande de la musique», tenter d'en
dessiner quelques chemins, d'en suivre les détours, invoquer une
germanité de la musique, ce n'est pas en appeler à un esprit ni
à une âme de la musique allemande toujours hypothétiques,
mais laisser vibrer, comme en rêvant, en flânant, les sonorités
allemandes de la musique, et voir se dessiner peu à peu un
certain paysage, qui est aussi une cosmogonie, un système régissant
des figures sonores, des mouvements particuliers, une langue
non explicite mais parfaitement éloquente.
C'est à parcourir avec elle ce répertoire que nous convie
Hélène Pierrakos, en invoquant tour à tour les compositeurs,
les poètes, les penseurs... Elle balise ces chemins selon des
thèmes structurants (le pas, le chant fraternel, le folklore rêvé, la
pensée inquiète) et fait se répondre en écho Schubert, Brahms,
Schumann, Mahler..., illustrant à chaque étape la tension entre
ces deux pôles : l'ardeur et la mélancolie.