Lettres à Maurice Nadeau : 1947-1978

En 1947, l'oeuvre romanesque d'Henry Miller, jugée obscène
et subversive, est censurée en France. C'est alors que
Maurice Nadeau, critique littéraire et directeur d'une collection
chez Buchet/Chastel où il le publiera bientôt, crée en sa
faveur un «comité de défense» : une amitié naît qui liera les
deux hommes jusqu'à la mort de Miller en 1980, comme en
témoignent ces courriers publiés ici pour la première fois.
Sur le mode libre de la conversation, ces lettres pleines de verve
et de générosité parlent de lectures et de famille, d'écriture et
de politique, d'amours et de finances. Tantôt en anglais, tantôt
en français, Miller y dévoile son goût pour l'aquarelle et sa
passion des listes de livres lus ou à lire, réfléchit à la notion
d'obscénité et à la nature de la censure, et réaffirme son refus
de toute aliénation. Complicité intellectuelle, travail de l'éditeur
avec son auteur, affection renforcée par la fréquentation des
deux familles lors des séjours parisiens de Miller : indémêlables,
ces différents liens se resserrent au fil de lettres de plus en plus
intimes et spontanées.
Cet ensemble inédit issu des archives personnelles de Maurice
Nadeau, complété par un choix d'articles critiques, est l'occasion
de réunir ces deux figures majeures du monde des lettres.
Surtout, il laisse entrevoir l'envers de la création littéraire à travers
les confidences d'«un simple écrivain, un homme dont toute
l'histoire [...] est celle d'une libération».