Histoire des transports en Charente-Maritime : des voies romaines au TGV

Des sentiers et des pirogues préhistoriques au TGV et aux autoroutes d'aujourd'hui,
c'est à une grande rétrospective que Gérard Blier convie son lecteur :
voies romaines, chemins des pèlerins de Compostelle, gabares, ports d'exportation
du Moyen Âge et des Temps modernes, puis l'extraordinaire aventure du
chemin de fer... Il en résulte une analyse fine de la structure géographique de la
région, un peu comme une radiographie de son «squelette», qui fournit une série
de repères nouveaux expliquant l'histoire de ces deux provinces liées d'Aunis et
de Saintonge devenues la Charente-Maritime.
L'impact du littoral a toujours constitué une de ses caractéristiques fortes du
département - d'où son nom ! -, que cela soit à travers ses ports ou aujourd'hui,
plus encore, avec sa vocation touristique. Mais jamais l'intérieur n'en fut absent :
approvisionnement de la côte en vivres ou en produits exportés à l'exemple de ce
que représenta pendant des siècles la Charente, artère fluviale majeure du pays,
ou rôle toujours renouvelé de Saintes comme plaque tournante, routière ou ferroviaire.
L'histoire des transports est sans doute un des meilleurs angles qui
soient pour comprendre un pays dans ses nuances. Et dans ses pesanteurs...
Que telle époque choisisse le tracé de ses chemins sur les plateaux ou en fond
de vallée, voilà qui marque, souvent pour des siècles, les politiques en matière
de transport : selon qu'elles héritent des anciens chemins seigneuriaux ou des
splendides artères dessinées par les intendants au XVIII<sup>e</sup> siècle, les routes actuelles
sont plus ou moins sinueuses ou rectilignes, donc plus ou moins coûteuses à faire
évoluer ; de même, les voies de chemin de fer du centre et du sud du département
souffrent encore des tracés établis par la Compagnie des Charentes qui souhaitait
investir au minimum !
Le passé détermine en grande partie de quoi sera fait le futur. L'étude de Gérard
Blier envisage donc l'avenir avec la sérénité de celui qui connaît ses racines.
Il y eut peu d'erreurs graves dans l'histoire des transports en Charente-Maritime
(à part le fameux canal de La Rochelle à Marans !), il n'en reste pas moins de
multiples abandons dus à l'évolution technique ; ils figurent la part du souvenir
et de l'émotion qu'une telle histoire aussi génère : quelques rotondes de dépôts de
locomotives, quelques gares désaffectées aux allures de petites villas florentines,
quelques cartes postales anciennes de tramways ruraux ou balnéaires, quelques
ponts magnifiques comme ceux de Tonnay-Charente ou de Rochefort... Mais les
grands viaducs actuels (Ré, Oleron, Rochefort ou la Seudre) savent aussi bien
allier l'utilité économique à l'esthétique du paysage... La réflexion dépasse ici
l'analyse technique ; à travers le prisme du transport, elle considère «le poids des
initiatives humaines dans la formation des unités régionales».