Les tribulations d'un idéologue

«Victor Leduc était un homme exceptionnel.
"Animal politique", pour reprendre l'expression
d'Aristote ? Disons plutôt qu'il avait le militantisme
chevillé au corps. [...]
Être bâti intérieurement en militant, c'est penser
et agir d'instinct avec les autres, par et pour
les autres : en compagnie, toujours. C'est aussi
vivre son présent, si dur, si décevant soit-il,
en projet d'un avenir. Tant de jeunes aujourd'hui
nous posent la question : comment pouvait-on être
communiste de votre temps, qu'est-ce que
ça signifiait ? La réponse est à chercher dans la vie
militante d'hommes comme Victor Leduc.»
- Jean-Pierre Vernant
«Né communiste», fils de Juifs russes contraints
de s'exiler après la Révolution de 1905,
Victor Leduc connaît, dès les années 1930,
au Quartier latin, ses premiers démêlés
avec les ligues d'extrême droite... et la police.
Résistant aux côtés de Jean-Pierre Vernant,
Jeanne Modigliani ou Lucie Aubrac, il devient
à la Libération directeur d' Action , hebdomadaire
à la fois communiste et indépendant qui meurt
aux premiers jours de la guerre froide.
Permanent au comité central, responsable
des cercles d'intellectuels communistes,
Victor Leduc nous fait pénétrer au coeur
du laboratoire idéologique du PCF.
Quand s'ouvrent les brèches dans le béton
idéologique, à l'heure du rapport Khrouchtchev,
il est au centre de l'opposition. De l'intérieur
d'abord, puis en dehors du Parti, il poursuit
le même combat pour la démocratie.