Le petit être à gauche de la lune, le soir, quand la ville dort...

«Le temps... Espace de temps que je considérais pesant encore
hier, il y a quelques mois, et qui me brûle aujourd'hui jusque dans
les entrailles. Le temps perdu, injustice de la vie. Je m'étais imaginé,
un soir, me réveiller dans un monde nouveau où nous pourrions
échanger le temps passé, celui perdu à jamais, le temps inutile
contre l'intensité d'un nouvel espace temps, quantitatif lui,
choisi, choyé, attendu. Un supermarché du temps où l'on achèterai
une poignée de temps à la pesée au rayon instruction, au rayon
amour aussi, avec la passion tendre et folle de cet amour que nous
recherchons tous en tête de gondole. Un immense bric-à-brac
du temps qui passe où l'on pourrait échanger un peu de temps
sans importance contre l'intense, l'immensité de temps-bonheur.»