La langue et le citoyen : pour une autre politique de la langue française

Lorsqu'on parle de gestion de la langue, on songe immédiatement à de subtiles questions d'imparfaits du subjonctif ou d'accords du participe passé ; et lorsqu'il est question de politique de la langue, on songe à sa défense. Autrement dit, on prend la langue en elle-même et pour elle-même, en la coupant de ses déterminations sociales et historiques.
Mais que se passerait-il si on renversait le rapport habituellement établi entre la langue et l'usager, en proclamant qu'elle est faite pour le citoyen et non le citoyen pour la langue ? On pourrait envisager une politique de la langue qui cesserait d'en faire un fétiche pour prendre en considération les situations que la langue traverse et qui se posent en termes nouveaux à l'ère des autoroutes de l'information et de la mondialisation des échanges.