Cahiers d'arts et traditions rurales, n° 17. Les Gailhac, 1550-1850 : une famille de nobles languedociens, les Gailhac de St-Guilhem-le-Désert, seigneurs de Clamousse, et leur essaimage

Cahiers d'arts et traditions rurales, n° 17. Les Gailhac, 1550-1850 : une famille de nobles languedociens, les Gailhac de St-Guilhem-le-Désert, seigneurs de Clamousse, et leur essaimage

Cahiers d'arts et traditions rurales, n° 17. Les Gailhac, 1550-1850 : une famille de nobles languedociens, les Gailhac de St-Guilhem-le-Désert, seigneurs de Clamousse, et leur essaimage
2006302 pagesISBN 9782952275804
Format: BrochéLangue : Français

Années 1560-1590. Les guerres de religion ravagent la plaine

héraultaise et les monts de St-Guilhem.

Des bandes armées de huguenots, venues d'Aniane et de Gignac,

s'emparent momentanément en 1569 de la bourgade de St-Guilhem-le-Désert

avec l'aide d'une poignée de calvinistes locaux.

Profanant le monastère, elles sont ensuite massacrées sans pitié,

malgré leur reddition auprès des troupes de l'ancien évêque de

Lodève, abbé de St-Guilhem et comte de Montbrun.

L'abbaye bénédictine locale, au plus profond de sa décadence, n'est plus désormais qu'une coquille presque

vide. Une seigneurie ecclésiastique sans âme et sans aucune discipline monastique, prête à se donner au

premier venu. Mais elle est néanmoins une proie tentante, avec ses fiefs, leurs rentes et leurs dîmes, où

l'affairisme l'emporte sur la liturgie. Un lieu que des moines bien souvent cupides, se disputent

inlassablement, entourés de soeurs, de neveux et de nièces qu'ils marient habilement.

Deux meuniers, les frères Guillaume Gailhac Vieux et Jacques Gailhac, modestes roturiers, mais farouches

catholiques et serviteurs de l'abbaye locale, vont tenter de prendre part au partage du fructueux gâteau.

L'aîné, Guillaume, marié à trois reprises, va profiter par deux fois des veuvages des femmes d'extraction

noble pour asseoir sa puissance. En 1571, année où, alors veuf de Catherine Calvin, il épouse noble

Fulcrande de la Farelle, veuve d'Etienne Portal et soeur d'un des moines de l'abbaye, il accède enfin à une

première notoriété. En 1581, le voilà gouverneur pour le roi et pour l'abbé de la place de St-Guilhem, à la

tête de 25 soldats. Il se remarie alors avec Anne Montalieu, veuve d'Aubert Frère, héritière du fief des

Bayssures. Les portes de l'ascension sociale sont désormais véritablement ouvertes. Dès 1594, il marie l'un

de ses fils de premier lit, Guillaume Jeune , avec une fille de premier lit de sa nouvelle épouse, Anne Frère.

Les descendants de ces premiers Gailhac évolueront pendant tout les XVII<sup>e</sup> et XVIII<sup>e</sup> siècles dans le monde

aux ambitions dévorantes de la noblesse, du clergé, de la grande bourgeoisie et des armées. Un des leurs

deviendra même directeur de la Monnaie de Montpellier, sera accusé en 1721 d'avoir détourné des caisses du

roi la somme colossale de 94 000 livres et ses biens seront saisis en 1749.

Les Gailhac du XVIII<sup>e</sup> siècle, bourgeois, notables, religieux, nobles ou militaires, parfois escrocs ou prêtres

défroqués, sont ainsi de toutes les alliances matrimoniales, de toutes les prébendes ecclésiastiques, de toutes

les grandes affaires financières ou de moeurs comme de toutes les guerres des trois rois successifs qui font et

défont l'Europe du moment. Ils serviront aussi comme officiers sous l'Empire, emportés sur les rives du

Danube dans la folle épopée des guerres napoléoniennes.

Leur biographie, passionnante, et patiemment reconstituée par un spécialiste de l'histoire locale, descendant

par ailleurs des premières générations Gailhac, est un moment fort de l'histoire du Languedoc.

Celui de l'émergence d'une caste, les fonctionnaires de l'administration seigneuriale, provinciale et royale,

comme d'une nouvelle classe sociale, la grande bourgeoisie auxquelles se mêlent les Gailhac. Celui aussi de

l'accession au monde si envié de la noblesse, du monde des grands bourgeois et des grands propriétaires

fonciers qu'ils sont devenus. Avec, pour tous ces ambitieux, arrachés à prix d'or à la souillure de la roture,

l'inestimable satisfaction d'être enfin un Monsieur de quelque chose , un homme porteur d'un nom de terre

qui sonne à l'oreille, affublé de la si précieuse particule et d'un si ostentatoire blason. Bref un homme

respecté dans la masse immense des vingt millions de pauvres qui peuplent alors la France des Valois puis

des Bourbons.

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