La Légion en 14-18

Comme en 1870, lorsque survient la Première Guerre mondiale, la
Légion est appelée à combattre en Europe. Sans attendre, dès la mobilisation,
des dizaines de milliers de volontaires étrangers vivant en France
ou accourant de leurs lointains pays se précipitent vers les bureaux
d'enrôlement. C'est le cas en particulier de la colonie américaine de
Paris et de ses compatriotes restés aux Etats-Unis qui n'hésitent pas à
outrepasser la neutralité bienveillante de leur pays à l'égard de la
France. Parmi tous ces étrangers «devenus Français par le sang versé»,
que de grands noms des arts et des lettres, du monde sportif... Que de
fils de grandes familles répondant à l'appel de la liberté !
Entre tous, ils formeront la cohorte somptueuse des unités mises sur
pied par la Légion, puis, le 11 novembre 1915, quand naîtra le prestigieux
Régiment de marche de la Légion étrangère, ils en seront les premiers
combattants.
Mais la Légion, ce n'est pas seulement le front de France, c'est aussi
les théâtres extérieurs et la défense de l'Empire. Un de ses bataillons se
distingue aux Dardanelles, puis dans les Balkans au sein de l'armée
d'Orient ; deux autres protègent le Tonkin où, à la faveur des événements,
pirates et seigneurs chinois de la guerre espèrent augmenter fructueusement
leurs coupables activités. Enfin, il y a le Maroc où
l'Allemagne entretient une dissidence farouche. Avec ses soldats d'origine
germanique, la Légion constituera «la plus chère troupe, l'ultime
réserve» du maréchal Lyautey durant tout le conflit.