J'ai rencontré Rudolf Steiner

Par exemple, quand on voyait la stricte exactitude avec
laquelle il répondait, se montrant réfléchi et pondéré
jusque dans le choix des mots et dans le ton - mais sans
«diplomatie» -, faisant preuve, même à l'égard des gens
les plus simples, d'une bonté extrême - mais sans «amabilité»
-, on redécouvrait ce qu'est la véracité. Jamais je
n'ai vu que la considération de quelque avantage extérieur
l'ait empêché de dire la vérité sans fard ou d'accomplir
quelque démarche pénible. Des personnes haut placées,
qui auraient pu lui être utiles, ont vainement attendu
qu'il se mette en avant ou qu'il leur fasse la cour. Un
jour que je regrettais de le voir éconduire un homme qui
aurait pu devenir précieux pour la cause, il dit brièvement
et énergiquement : «Je ne veux conquérir personne.»