Chroniques de Gasviken

«Qu'ils soient d'ici ou de n'importe quel parage
Moi j'aime bien les gens qui sont de quelque part
Et portent dans leur coeur une ville ou un village
Où ils pourraient trouver leur chemin dans le noir.»
Pourquoi la chanson Adélaïde de Jacques Debronckart
s'est-elle mise à me trotter dans la tête en lisant les
Chroniques de Gasviken ? Sans doute parce que le
livre nous propose quelques portraits d'individus très
fortement ancrés dans un terroir qu'ils connaissent
parfaitement. Sans doute, également, parce que d'autres
protagonistes, s'ils n'ont pas accompli le voyage en
Australie comme ceux de la chanson, se sont retrouvés
transplantés dans un paysage et un milieu qui ne leur sont
pas familiers. La réussite d'Olle Schmidt réside dans le
fait qu'il a su tout à la fois donner vie à des personnages
très individualisés et peindre des types éternels. Ainsi ce
qui peut tenir du fait divers journalistique, transformé
par la magie de l'écriture, rejoint une réalité universelle
où l'on s'aperçoit que les préoccupations des gens de ce
petit coin de Suède - coincé entre les montagnes de la
frontière norvégienne et la route côtière qui remonte
vers le nord - sont aussi les nôtres. Un bel hommage à
la vie quotidienne de ceux qui n'ont pas souvent droit de
cité dans un Jämtland bien éloigné du folklore tapageur
et factice qui attire les touristes vers la Laponie.