Léopold Sédar Senghor

Cet ouvrage, proposé pour l'année
du centenaire de la naissance de Léopold
Sédar Senghor, n'est pas une présentation
scolaire ou didactique. Il veut être, au sens
fort du terme, une illustration. D'abord
par l'iconographie, riche, neuve, variée,
suggestive, un Senghor en images
qui apparaît comme porteur de cette «Vie
couleur de présence», qu'il sentait renaître
dans son «Élégie des eaux». Ensuite par
les citations, qui viennent moins à l'appui
du texte de présentation qu'elles ne
le suscitent.
C'est à Senghor lui-même que sont
empruntées les trois têtes de chapitres ;
là où d'autres imposeraient des concepts,
il offre, en poète, des images. La première,
«le Royaume d'enfance», désigne son lieu
d'origine, domaine de la poésie et de la grâce
qui lui est attachée. La deuxième,
«la Négritude», autre royaume, le royaume
mythique de l'Éthiopie, celui de la reine
de Saba, regroupe le «pays noir», la «femme
noire», les langues, les coutumes, les trésors
de l'Afrique. Quant à la troisième,
«la civilisation de l'Universel», non pas mot
d'ordre lancé par un homme politique, elle
est inséparable de la conviction «catholique»,
au sens le plus large du terme, d'un poète
qui n'a pas pour autant renoncé au culte
de ses ancêtres.
Une telle illustration se passe de défense.
Senghor, désormais considéré comme
un classique, est aussi un moderne par
la nouveauté d'un langage «mixte» et par
son ouverture sur le monde tel qu'il l'a connu.
L'ensemble de son oeuvre est une défense
et illustration de la langue française
qui lui assure une place majeure au sein
de la francophonie.