Un saint marocain du XIXe siècle : la sainteté en islam et dans le soufisme

Un saint marocain XIX<sup>e</sup> siècle
La sainteté en islam et dans le soufisme
Le Shaykh Sîdî al-Hâjj Alî al-Ilghî al-Darqâwî représente l'une de ces nombreuses petites figures du soufisme dont la réputation reste locale ou régionale. Cependant, cette figure ne devrait pas échapper au regard des chercheurs. L'étude des biographies de maîtres spirituels aussi importants que al-Hâjj 'Alî al-Darqâwî, et de leurs doctrines, s'avère enrichissante. Elle est indispensable pour l'élaboration d'une théorie globale et exhaustive sur l'aspect ésotérique de l'islam, al-tasawwuf, et son impact sur les sociétés musulmanes. C'est dans cette perspective que nous présenterons la vie et la doctrine du Shaykh Sîdî al-Hâjj 'Alî-Ilghî, l'un des maîtres de la voie darqâwiyya, une branche de la shâdhiliyya, dont le fondateur éponyme est Mawlây al-'Arbî al-Darqâwî (1150-1239/1737-1823).
La fin du XVIII<sup>e</sup> siècle a vu apparaître des mouvements de réforme dans tous les pays musulmans. L'analyse et l'interprétation de ces mouvements ont donné d'ailleurs lieu à de vives controverses liées notamment au soufisme. Certains chercheurs soutiennent la thèse de l'apparition au XVIII<sup>e</sup> siècle d'un soufisme « réformé » - appelé aussi « néo-soufisme », « renouveau du soufisme » ou encore « troisième vague de l'islam ». Nous constatons aujourd'hui que clans certains pays musulmans, notamment au Maroc, le pouvoir politique a choisi la perspective soufie pour réussir une réforme du champ religieux dans un contexte dominé par une compréhension littéraliste de l'islam qui verse dans le radicalisme.