Ecrire l'histoire de l'Afrique autrement ?

Ce cahier est principalement issu de la table-ronde Écrire l'histoire de
l'Afrique autrement ? organisée à l'initiative de «jeunes» chercheurs et chercheuses
en histoire africaine du laboratoire «Sociétés en développement dans
l'espace et le temps» (SEDET/CNRS) de l'Université Paris 7-Denis Diderot.
Les contributions rassemblées s'interrogent sur la construction et le
renouvellement possibles du savoir historique sur l'Afrique subsaharienne,
spécialement en France. Au moment d'un inévitable renouvellement des
générations, un certain nombre de questions réapparaissent dans un contexte
idéologique et scientifique différent : celle des rapports entre écriture, enjeu et
fonction de l'histoire de l'Afrique ; celle des relations entre historiens du Nord
et du Sud ; celle de la circulation et de l'adaptation des savoirs.
Dans une première partie, les auteurs reviennent sur la prégnance du
moment colonial et sur la nécessité de dépasser un certain nombre de blocages
et de résistances. À partir d'exemples variés (la traite et l'esclavage ; les
intellectuels africains ; les Colonial Studies ) se dégagent des perspectives
renouvelées de recherche et d'écriture de l'histoire de l'Afrique.
Des itinéraires historiographiques composent la deuxième partie. Ils examinent
les rapports entre écriture de l'histoire et construction nationale et
posent la question de la fonction sociale et politique des chercheurs à partir
d'études de cas portant sur le Burkina Faso, Madagascar, le Gabon, l'Afrique
du Sud, ainsi que sur la diaspora africaine en Amérique du Nord.
La troisième et dernière partie propose une réflexion plus épistémologique
qui, en s'interrogeant sur la circulation et l'acclimatation des savoirs entre les
continents et les disciplines, aborde la question de la place de l'histoire africaine
en France et de ses rapports avec la production anglophone.
Les articles de ce cahier ne présentent pas une vision unique et uniforme
d'une «autre» écriture de l'histoire de l'Afrique, mais reflètent des voies
multiples - et parfois discordantes - de l'appréhender. Ils montrent ainsi la
nécessité du questionnement et la fécondité des réflexions en cours.