Les amours de Louise

Printemps 1913. Catherine et Henri sont propriétaires
d'un «café-charcuterie» dans le quartier des Quatre-Chemins,
là où Alsaciens et Lorrains voulant rester
Français à tout prix se sont installés après la défaite de
1870. Réputé pour la vente de charcuterie alsacienne
que confectionne pépère Joseph, le café a ses habitués
avec leurs déboires, leur manière de boire et leur ardoise.
Sous leur toit, Henri et Catherine abritent également
«Grossala», la grand-mère, et leurs enfants, Jacquot et
Louise. À seize ans, Louise est belle à croquer. Avec ses
yeux bleus et ses nattes blondes, elle séduit Jules, ouvrier
comme elle aux «Allumettes». Le jeune homme voudrait
obtenir plus que son amitié...
À la veille de la Grande Guerre, une évocation
subtile des aspirations de la jeunesse ouvrière.
«J'ai peur que nous ayons agi avec inconséquence,
Catherine. Aller danser sur les fortifs ! Je reprendrais
ma parole avec plaisir. Qu'en penses-tu, ma bonne ?
- L'autre jour, la sortie avec M. de Terrande te chiffonnait.
Nous ne pouvons pas garder cette jeune fille prisonnière
entre son poste à la fabrique et le comptoir du
café ! Tu vois bien l'évolution de notre époque, Henri ?
Les femmes font de la bicyclette, rament sur le lac du
bois de Boulogne et réclament le droit de vote...
- Puisque vous vous passez si bien des hommes, tu n'as
pas besoin de mon avis. Laisse-moi dormir. Bonsoir !»