Sociologie politique des problèmes publics

«Foulard islamique», disparition des abeilles,
vieillissement de la population : comment des faits
ou des dossiers deviennent-ils «problèmes», dont
s'emparent les médias ou les partis en campagne ?
Une tradition sociologique née aux États-Unis au
début du XX<sup>e</sup> siècle est venue montrer que la réponse
n'était pas dans une gravité objective des «faits». Les
brutalités sur les enfants n'ont été que tardivement
constituées en problème public, alors que l'usage de
la margarine suscitait jusqu'à des référendums. C'est
donc vers l'activité des entrepreneurs de problèmes
qu'il faut se tourner.
Qui sont-ils ( think tanks , haut-fonctionnaires,
mouvements sociaux) ? Comment justifie-t-on de
l'importance d'un problème ? Pourquoi certains
problèmes suscitent-ils plus l'attention médiatique
que d'autres ? Comment des cadrages viennent-ils
les mettre en récit pour qu'ils soient au diapason des
sensibilités sociales ? Quels tris président à leur prise
en charge (ou non) par les politiques publiques ?
Est-ce là la fin du processus ?
Dense en exemples pratiques proposés sous formes
d'encadrés et en outils théoriques, ce manuel aide à
penser comment s'alimentent nos conversations, les
«Unes» des médias et l'agenda des politiques.