Le 20e kamikaze n'a jamais existé

Un cauchemar, une descente aux enfers qui prend un relief tout
particulier après la mort d'Oussama Ben Laden, au Pakistan, le 1<sup>er</sup> mai
2011, presque dix ans après les attaques du 11 septembre... Les
expressions manquent pour décrire ce qu'a vécu Lotfi Raïssi, jeune
homme algérien sans problèmes, menant une existence des plus paisibles
dans la banlieue de Londres. Mais il ne fait pas bon être arabe,
musulman et surtout pilote-instructeur sur des avions de ligne en ce
mois de septembre 2001 !
Un matin, à l'heure du laitier, quelques jours après l'effondrement
des Twins towers , on tente de défoncer la porte de son appartement
à coups de bélier. Lotfi Raïssi ouvre précipitamment. Devant lui, un
homme en gilet pare-balles, il appartient au MI5 et lui annonce qu'il est
en état d'arrestation. Les services secrets britanniques, sur instruction
du FBI, l'accusent de terrorisme. On le soupçonne ni plus ni moins
d'être le «cerveau» des attentats du 11 septembre, d'avoir entraîné
les kamikazes, d'être le second de Ben Laden ! S'enclenche alors un
engrenage kafkaïen : mise au secret, fausses preuves, fausses photos,
dossier monté de toutes pièces, quartier de haute sécurité à Belmarch,
la prison la plus redoutée du Royaume-Uni. Lotfi Raïssi va même décrocher
ce triste record de la plus longue garde à vue de l'histoire judiciaire
anglaise, au mépris du Code pénal !
Tout de suite, Raïssi crie son innocence. Personne ne le croit, sauf
ses avocats, sa famille, ses amis... Son histoire fait la Une des journaux
du monde entier.
Après des mois et des années de combat, il sera libéré et finalement
innocenté par la justice anglaise. Il recevra des excuses officielles et
celles de la presse britannique, reconnaissant s'être laissée intoxiquée
par les autorités.
Ce livre, agrémenté de documents exclusifs,
est le journal de Lotfi Raïssi. On y
découvre la marche implacable de la
machine d'État, broyeuse d'hommes et
de destins. Et on ne peut s'empêcher de
se poser cette question : cela n'arrive-t-il
qu'aux autres ?