Une résistance juive : Grenoble 1943-1945 : récit

De nombreux Juifs ont participé au combat des réseaux - gaullistes, communistes
ou d'autres tendances politiques - de la Résistance française aux
nazis. Il y eut aussi des réseaux et maquis juifs. Pourquoi cette spécificité ?
Si tous les Français ont souffert sous l'occupation, les seuls Juifs étaient traqués
par les polices de Vichy, la Milice et la Gestapo et expédiés à Auschwitz. Il fallait
les aider à échapper à l'extermination. Leur trouver des «planques» dans des
établissements religieux ou chez des concitoyens. Leur fournir des subsides, de
faux papiers, un soutien spirituel. Leur faire franchir en fraude les frontières suisse
et espagnole. Les protéger des dénonciateurs et des «chasseurs de Juifs».
De Jeunes Juifs se sont improvisés passeurs, fraudeurs, faussaires et tueurs.
Paul Giniewski a été l'un d'eux à Grenoble de 1943 à 1945. Il relate la vie quotidienne,
aventureuse et périlleuse de ces «sauveurs juifs». Des curés de campagne,
des secrétaires de mairie, des Français de tous bords qu'Israël honorera
du titre de Justes des Nations après la guerre, ont alors aidé ces adolescents à
sauver leur peuple innocent mais condamné à mort. Des idylles se sont nouées
entre résistants en culottes courtes et résistantes en jupons, tandis que ceux
d'entre eux pris par les nazis français et allemands ont connu la torture et une
fin atroce.
À la Libération, beaucoup de ces jeunes anciens combattants ne se sont pas
démobilisés. Ils se sont joints à un autre combat sur un autre front juif : le sauvetage
des rescapés des camps et leur émigration en Palestine, où l'État juif
était sur le point d'accéder à l'indépendance.