L'hôtel de Monaco : la résidence de l'ambassadeur de Pologne à Paris

L'hôtel de Monaco : la résidence de l'ambassadeur de Pologne à Paris

L'hôtel de Monaco : la résidence de l'ambassadeur de Pologne à Paris
Éditeur: Flammarion
201295 pagesISBN 9782081275287
Langue : Français

À l'abri des regards indiscrets, l'hôtel de Monaco, actuelle résidence de l'ambassadeur de Pologne à Paris, est un des plus beaux hôtels particuliers du faubourg Saint-Germain. À l'origine, en 1774, la princesse de Monaco, belle, riche et libre, commande au renommé Brongniart de lui bâtir une demeure inspirée de l'Antiquité grecque, non loin de celle de son amant, le prince de Condé. Perfectionniste, la princesse veille aussi bien au luxe des décors intérieurs qu'à la mise en place d'un confort moderne précurseur.

Au lendemain de la Révolution, le lieutenant de Napoléon I<sup>er</sup>, le maréchal Davout, prince d'Eckmühl, transforme les lieux en une demeure somptuaire, digne d'un maréchal d'Empire.

Sous Charles X puis sous Louis-Philippe, l'ambassadeur d'Autriche et sa gracieuse épouse, la comtesse Thérèse Apponyi, en font le coeur de la vie mondaine parisienne. Leurs bals « du matin » ont la préférence de la cour. En mécènes avertis, ils ouvrent leur salon de musique aux artistes de l'époque Rossini, Liszt, Rubini, Kalkbrenner, la Malibran, que viennent écouter des écrivains tels Musset, Balzac. Un soir, le génie de Chopin y sera révélé aU Tout-Paris.

En 1838, le milliardaire hollandais William Williams Hope rachète l'hôtel. Les gazettes de l'époque ne parlent plus que de « l'installation de Crésus dans le vénérable faubourg... ». Connu pour ses conquêtes féminines et ses innombrables collections de tableaux de maître, il commande à l'architecte Fédel un « palais » dans le goût du Versailles de Louis XIV. Et dans les jardins attenants, il logera une écurie de trente-cinq chevaux.

À la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, l'hôtel redevient le décor naturel de féeriques bals costumés qu'aime tant la nouvelle propriétaire des lieux : la fantasque princesse de Sagan. Proust en fera son modèle pour camper le personnage de la princesse de Guermantes dans À la recherche du temps perdu.

En 1936, s'ouvre un nouveau chapitre de l'histoire de la demeure et des relations diplomatiques. La Pologne y installe le siège de son ambassade, puis de son gouvernement en exil, en 1939. Aujourd'hui, l'hôtel de Monaco est la résidence de l'ambassadeur de Pologne. Le caractère d'exception du lieu se prête tout naturellement à l'exercice d'une diplomatie accomplie. Et certains soirs, sous la voûte du somptueux salon de musique, sous les doigts de talentueux jeunes pianistes venus du monde entier, l'âme de Chopin s'éveille.

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