Paysages et environnement géologique du Sahara atlantique : pré-requis au développement durable

Le Sahara atlantique a pour cadre géographique l'ex-Sahara Espagnol et
l'extrême Nord-Ouest de la Mauritanie. La zone d'étude de cet ouvrage s'étend
sur une superficie de 300 000 km<sup>2</sup>, comprise entre le 20<sup>e</sup> et le 30<sup>e</sup> parallèle.
Ses frontières sont à la fois naturelles (le bas Oued Draâ au Nord et l'océan
Atlantique à l'ouest) et politiques : l'Algérie au nord-est, la Mauritanie à l'est
et au sud.
Le Sahara atlantique est un domaine de plaines et de plateaux. Ce vaste territoire
est traversé par de nombreux accidents structuraux dont le plus important
est celui d'Agadir-Timiris-Dakar, parallèle à la fracture médio-atlantique.
Il est situé à la limite de deux bassins sédimentaires de bordure océanique : le
bassin sénégalo-mauritanien et le bassin de Tarfaya-Laâyoune-Dakhla. L'originalité
de cet espace réside dans sa géologie : une monotonie localement voilée
par des champs de barkhane qui est rompue, dans certaines régions, par des
reliefs induisant des contrastes saisissants.
Tout comme l'ensemble de l'Afrique saharienne, le Sahara a connu les
effets des glaciations et des interglaciaires, et vraisemblablement des événements
(néo)tectoniques plus ou moins importants. Ainsi, de notables modifications
des facteurs de la morphogenèse marquent les débuts des temps Quaternaires
où des retouches ont été apportées au paysage, et ce dans un contexte
d'alternance d'humide et d'aride.
Soumis aux conditions d'alternance d'érosion en climat aride et humide, au
moins depuis près de 15 000 ans (Ogolien), les terrains anciens, du Précambrien
au Cénozoïque, sont masqués par des débris de cette destruction. Il ne
subsiste souvent que des dépôts détritiques Quaternaires de cailloutis générés
par l'action combinée de l'érosion fluviatile, éolienne, marine etc., offrant le
paysage lunaire actuel très singulier.
Ainsi, depuis la fin de l'Holocène, date de l'aridification du Sahara atlantique,
le vent a pris une place de plus en plus importante dans l'édification du
paysage contemporain, effaçant ou fossilisant progressivement la paléo-topographie
et certains dépôts superficiels. Par conséquent les alizés, vent de secteur
Nord, sont depuis l'Ogolien l'agent fondamental de la morphogenèse du plateau
littoral dénommé «Aguerguer», comme en témoignent les modelés rares
que constituent les dunes fossiles, les «fleuves de sables» et les «Yardang».