Dieu, Darwin et... moi : états d'âme d'un incroyant : essai

Détrompons de suite le lecteur enclin à penser que, dans
ce livre, Dieu pourrait jouer le rôle d'un interlocuteur sérieux.
Et pour cause ! Pourtant, (à tout Seigneur, tout honneur), Dieu,
sans courtoisie aucune, revendique d'occuper le sommet du
triangle ; triangle dont, à l'évidence, ne peut lui être attribué
que l'angle obtus...
Si Darwin, plus discrètement, occupe le deuxième sommet,
c'est en hommage à celui qui, mettant ses croyances de côté,
a su regarder la vérité, la dure vérité, droit dans les yeux.
Y découvrant, non sans douleur, que, sous la lumière crue de
l'évolution, plus rien, jamais, ne serait «comme avant».
Quant à moi, sans modestie, me voici placé dans le
troisième angle. Angle d'observation non dépourvu d'attrait
pour «l'athée de naissance» que je suis : «La seule certitude
que Dieu m'inspirait était celle de son inexistence. Cette
conviction n'était pas le fruit de la déduction, elle était du
domaine de l'évidence. Oui, c'est cela, il s'agissait d'instinct
et même d'instinct vital. Car, où serions-nous sans cette
connaissance innée du vrai et du faux ? Et demande-t-on à
un enfant pourquoi il ne croit pas au père Noël ?».
Témoin à charge, résolument partial mais ne répugnant
pas à réfléchir sur les faits et y faisant de fructueuses
découvertes.