Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 108. Apocryphes et visions

«Ces trois sortes de visions : corporelle, spirituelle, intellectuelle
sont à considérer une à une, en sorte que la
raison s'élève des réalités inférieures aux réalités supérieures.
La vision corporelle, c'est clair, n'est pas au-dessus des deux
autres, mais ce qui est senti grâce à elle est transmis à la vision
spirituelle qui siège en quelque sorte au-dessus d'elle. En effet,
lorsque les yeux voient un objet quelconque, l'image de cet
objet est aussitôt produite dans l'esprit, mais on ne s'en rend
pas compte à l'instant même : c'est seulement lorsque les
yeux se détachent de l'objet vu que nous découvrons dans l'esprit
l'image de cet objet. S'il s'agit d'une âme raisonnable, ce
message est transmis jusqu'à l'intelligence qui siège au-dessus
de l'esprit lui-même. De la sorte, si ce que les yeux ont perçu et
transmis à l'esprit pour qu'il s'en forme une image est le signe
de quelque chose, l'intelligence comprend aussitôt ce qui est
signifié ou se met en quête de le savoir : car, sans l'intervention
de l'âme intellectuelle, on ne peut ni comprendre ce signe ni se
mettre en quête de savoir ce qu'il signifie [...].
Pierre, dans un ravissement de l'âme intellectuelle, vit
descendre du ciel un vase plein d'animaux divers sur une nappe
attachée par les quatre coins, tandis qu'il entendait une voix
(Ac 10, 11-13).»
S.Augustin, La Genèse, au sens littéral , XII, 22 ;
24, BA 49, pp. 361-365.