La Samaritaine : évangile en trois tableaux, en vers

On a trop souvent fait d'Edmond Rostand l'homme d'une seule
pièce, le poète dramatique d'un immense succès, aussi important
qu'inattendu, un peu chanceux même, parce que les pièces en vers
n'étaient plus de ce temps... Certes, il y a bien eu l' Aiglon , il y a
bien eu Chantecler , mais ce ne sont que des demi-succès, dixit la
critique, que l'histoire littéraire ne saurait retenir puisque de cette
époque elle ne voudrait se souvenir que des Maudits...
De cette méprise vont naître deux lacunes aussi funestes : en isolant
Cyrano de l'ensemble de l'oeuvre, cette pièce s'est vue amputer
de ses principales dimensions, tandis que le lecteur est privé,
depuis cent ans déjà, des autres univers du poète.
C'est cette injustice qu'il s'agit ici de réparer.
La Samaritaine , jouée pour la première fois quelques mois seulement
avant le triomphe de Cyrano par la célèbre Sarah Bernhardt,
met en scène très fidèlement un épisode de la vie de Jésus, rapporté
par l'évangéliste Jean : le Messie rencontre, en Samarie, une
jeune courtisane qu'il convertit et qui va a son tour permettre la
conversion de la ville de Sichem. Rostand utilise alors la matière
des quatre évangiles pour écrire à son tour un évangile en trois
tableaux.
Outre une bibliographie sélective, l'édition de la pièce est complétée
par deux essais qui partent en quête de l'idéal rostandien : La
vie et l'oeuvre d'Edmond Rostand par Émile Faguet et une synthèse
des différents travaux de recherche de l'éditeur.