Chasses du Rhin : chevreuils, sangliers, bécasses et perdreaux

Avant la guerre de 1914, les plaines du Rhin,
de l'Alsace au grand-duché de Bade, étaient un
paradis où le gibier foisonnait. Chevreuils, sangliers,
bécasses ou perdreaux faisaient le bonheur
des chasseurs.
D'une plume chaleureuse, James Jaquet (1856-1936)
raconte ses émotions de chasse au coeur
d'une nature généreuse.
«Nous examinons avec attention les buissons et
les touffes de fougères qui sont devant nous. Voici,
au loin, une tache rouge dans les herbes. Elle disparaît
pour reparaître un peu plus loin. À l'aide de nos
jumelles, nous voyons que c'est un chevreuil, une
forte bête, mais la tête baissée vers le sol n'est pas
distincte. Enfin, cette tête se dresse au-dessus d'un
buisson et se détache sur le ciel matinal. C'est bien
notre brocard ; ses bois superbes sont parfaitement
visibles. Il reste longtemps immobile.
Comme il avance avec précaution ! Il se dirige,
ainsi que nous l'avions prévu, vers les hauts bois ;
dans peu d'instants, il aura atteint la percée verte
qui descend à gauche de nous. Lentement, la carabine
a été mise en joue, le coup part et le brocard,
après un bond puissant, disparaît dans les hautes
herbes. À l'endroit où il se trouvait, nous cherchons
avec soin. Voici, sur une feuille de fraisier une
goutte de sang et quelques poils coupés.»