Jours de féerie : dix contes merveilleux

À une époque de réalisme exaspéré,
de naturalisme à outrance, il semble
que le conte, et surtout le conte de fées,
n'intéresse plus personne.
Voilà une excellente raison pour en composer.
Quand on a toujours été à contre-courant,
il convient de faire ce que personne ne fait.
Le conte merveilleux me sert d'antidote
contre le désenchantement cruel
de notre époque.
Le merveilleux ne tient pas compte
de ce qu'on regarde comme les lois
du monde réel ; le féerique, lui,
les ignore avec superbe. Voilà pourquoi
j'ai toujours mené une double vie,
un pied dans le monde réel, un pied
dans l'autre que j'ai appelé le tramonde.
Cette double existence, doublure
surnaturelle et magique, m'a permis
de vivre dans le temps mythique
de la poésie. La fonction de l'imaginaire
n'est pas de fuir le réel, elle est tout
au contraire de produire le réel,
ce réel absolu qui consiste à sceller
notre union avec Dieu, avec la nature,
avec les hommes.
M. S.