Maghreb, questions d'histoire

Quel intérêt peut-il y avoir à la relecture, à plus d'une
vingtaine d'années de distance, d'analyses historiques
d'événements intervenus dans une région donnée du monde ?
Soyons plus précis. Il s'agit ici d'études concernant la
période précédant ou contemporaine de la décolonisation du
Maghreb et forcément liées aux mutations majeures qui furent
celles de l'époque. Ces études très diverses traitent notamment
des choix idéologiques et politiques d'une fraction des courants
nationalistes ou des minorités méditerranéennes installées au
Maghreb, du mouvement ouvrier, à la crise majeure de
l'indépendance tunisienne, des relations internationales et
singulièrement de celles nouées avec le Maghreb par les Etats-Unis
dans la guerre et l'après-guerre.
On reste parfois confondu devant l'ignorance des faits, le
manque de culture historique, voire de culture tout court de
certaines informations ou analyses concernant le Maghreb.
Entre autres leçons d'Histoire, Marc Bloch nous enseignait que
«jamais (...) un phénomène historique ne s'explique pleinement
en dehors de l'étude de son moment».
Relire des travaux concernant des épisodes mal connus,
occultés ou déformés par une vision réductrice des crises de la
décolonisation, nous paraît contribuer à rendre sa place à
l'Histoire trop souvent réinventée.