Femmes inachevées

Après son premier roman «le corps dérobé», qui
raconte les relations complexes et parfois
incompréhensibles entre mère et fille et entre femmes
en général, Houria Boussejra décrit, dans ce recueil de
nouvelles, les maîtresses de maisons se révèlant à nous
par leur frayeur à voir leur reflet en leurs bonnes ; ce
qui les pousse à devenir autres, de peur de voir en ces
damnées leur frustration, leur manque et la perte de
leur féminité.
«La torture, dit Chrifa, c'est l'oubli qui se fait
impossible, je n'avais plus d'ombre, je ne savais plus qui
j'étais».
Le harem continue toujours d'exister. Nous le
combattons en dehors de nous-mêmes, mais ses
chaînes triomphent du temps et empêtrent nos esprits
éclatés au quatre vents de nos destinées de femmes,
déchirées entre le pouvoir de la séduction et celui de la
destruction.