Les chérubins électriques

«Ce soir nous brillerions de tous nos artifices ;
nous ferions mille conquêtes, nous briserions
les coeurs. Ce soir nous serions furieusement enjoués,
et désagréables au possible. Ce soir, Paris nous
appartiendrait, et les étoiles, et les néons, et les pavés.
Ce soir nous serions éternels et terre à terre, emphatiques
et superbement médiocres. On nous convierait à mille
agapes et on célébrerait notre venue comme il convient :
dans le faste et l'outrance, la démesure et l'enthousiasme.
Ce soir, ce soir... serait malheureusement
sans doute pareil à tous les autres.»
Paris, 1978. Ils sont une petite bande de garçons
et de filles à vivre comme on joue. Nuits toujours
trop courtes, alcoolisées et droguées, où l'on danse
sur Kraftwerk, les B-52's ou les Stinky Toys, et où
tous les excès sont permis. Journées trop longues où
l'on trompe comme on peut le cynisme et l'ennui :
la drogue, toujours, les jeux de l'amour et, pour
certains, les mirages de l'écriture et de la musique...
On avait injustement oublié ces Chérubins électriques
publiés en 1983. Cette réédition est l'occasion
de redécouvrir une rare chronique de la jeunesse
parisienne du tournant des années 70/80. L'occasion
aussi de lire un auteur hors-norme, dont le style
protéiforme ondule avec élégance entre classicisme,
psychédélisme et une sécheresse électrique
annonçant un certain Bret Easton Ellis.
Présentation d'Alexandre Fillon.