Rebelles et révolté(e)s : de la Belle Epoque (?) à la grande boucherie en Franche-Comté

Rebelles comme Louis Minjoz, Auguste Jouchoux, Gabrielle Petit
mettant en cause les injustices criantes de leur temps.
Révolté(e)s comme les prolétaires des Soieries ou l'ouvrier ferblantier
Cottet-Dumoulin. Belles figures connues ou anonymes qui méritaient d'être
tirées de l'oubli.
Belle époque... l'expression fut inventée après le carnage de 14-18.
Mais la nostalgie trahit la réalité.
La grève des Soieries en 1908 à Besançon nous plonge dans un univers à
la Zola : dureté de la condition ouvrière, coalition des pouvoirs pour briser
le mouvement ouvrier et emprisonner contre toute justice la militante
féministe Gabrielle Petit.
La vie du père de Jean Minjoz, un instituteur devenu avocat pour
défendre les petites gens, pacifiste tué à la guerre, permet de faire le portrait
d'une belle figure de disciple de Jaurès.
En avril 1914, dans un hebdo bisontin, un journaliste visionnaire intitule
son article «La grande boucherie» . En février 1915, le soldat franccomtois
Bersot est fusillé pour avoir refusé de porter un pantalon sale.
À l'aide de nombreux documents et témoignages inexploités, Joseph
Pinard reconstitue l'affaire, évoque le drame vécu par une veuve de 29 ans et
une fillette de 6 ans stigmatisées parce que Lucien Bersot a été considéré
comme ayant été un lâche face aux boches. Et si après de durs combats la
réhabilitation est intervenue, justice n'a jamais été rendue à Elie Cottet-Dumoulin,
un ouvrier de Battant, condamné au bagne pour avoir osé se
solidariser avec son camarade de régiment.
Est-il trop tard pour rendre son honneur à la victime d'une infamie ?