Alep : passage vers l'Orient

Peu de villes au monde vivent depuis près de 4 500 ans, quasiment sans interruption.
Alep, ville orientale, métropole régionale entreprenante, centre universitaire, dépasse
les deux millions d'habitants.
Dans Alep, il y a des quartiers et des maisons, l'ordre intérieur et la famille. Il y a
les souks, la boutique et le marchandage, les affaires, les étrangers à la ville : gens
de passage, citadins et ruraux. Entre les deux et faisant partie des deux : les lieux
de loisirs, les cafés des habitués, ceux des artistes ou des joueurs d'échecs, les places
et les jardins publics, les boulevards... Tous les espaces ouverts modernes, intégrés
progressivement aux ordres locaux, spécifiques de cette culture orientale toujours
vivante, qui change et s'adapte. La pierre est façonnée par les artisans qui lui donnent
vie, qui en font jaillir la vie. L'ombre et la lumière ne sont pas celles du soleil, mais
celles de l'art et de l'artifice, du travail d'aménagement des volumes construits qui
les canalisent. Au-dessus d'Alep, le ciel est la scène de la passion amoureuse la plus
gratuite et la plus vaine, qui lie des hommes à des vols de pigeons.
La ville est un artifice, un monument vivant élevé à sa mémoire par ses habitants.