Les Slaves : cours du Collège de France (1842)

La révolution orange en Ukraine, la libération des Pays Baltes,
l'émergence de la Pologne, nations aux confins de l'Union
européenne, illustrent de nouveau un problème que le Victor
Hugo polonais, Adam Mickiewicz (1798-1855) avait formulé, à
Paris, en 1842, dans ses cours du Collège de France : qui sont
les Slaves ? les Russes sont-ils capables de liberté ? pourquoi
l'acharnement contre la Pologne ? entre Russie et Pologne,
autocratie et république, n'est-ce pas le destin européen des
Slaves qui, régulièrement, se rejoue en un vrai choc de civilisations
? comment le résoudre ?
Les cours de Mickiewicz, grand orateur, enflammèrent le Tout-Paris
romantique et socialiste, entre les sursauts révolutionnaires,
républicains, européens de 1830 et de 1848. Michelet et George
Sand pleuraient en l'écoutant expliquer le «terrorisme intellectuel»
de la discipline russe, le «destin littéraire de la Sibérie» et
du chamanisme, la «lutte entre les systèmes et les passions» qui
anime l'histoire de l'Europe. Mickiewicz formulait ainsi une méditation
toujours actuelle sur l'Europe de l'Est face à la modernité et
à son destin démocratique, mieux : «républicain».