L'underground musical en France

Mai 68 fait vaciller les instances politiques françaises et remet en question
l'ordre social hérité du passé. Paradoxalement, la chanson française,
la «variété», maintient sa chape de plomb et les maisons de disques
consolident la domination du rock anglo-saxon. Autant par nécessité
que par choix, l'expérimentation musicale en France entre en résistance,
prenant appui sur la contre-culture psychédélique. Elle est «underground»,
exprimant son rejet des institutions politiques et du show-business français.
Des groupes s'inspirent du rock psychédélique, de la tradition de la chanson
ou encore du free jazz. Tous affichent des pratiques fortement revendicatives,
libertaires, expérimentales. Ils répondent aux doux noms de Red Noise,
Barricade, Art Zoyd, Gong, Maajun, Lard Free, Magma, Komintern, Crium
Delirium, Camizole, Étron Fou Leloublan, Heldon... Ils mettent finalement
en place leurs propres structures de production et réseaux de diffusion.
Cet underground change bientôt de nature avec la politique de la culture
de la gauche socialiste, arrivée au pouvoir en 1981. Les musiques de ces
groupes sont «bizarres» et déroutantes, se soustrayant à toutes tentatives
d'étiquetage et de mise en boîte.