J'écris pour consoler les morts

Après un premier récit autobiographique, Chemins de haute mer ,
Marie-Laure Veyron nous livre un roman qui, dans une langue
pudique et poétique, explore, à travers le cheminement intérieur de
ses personnages, la complexité des liens familiaux. Récit de la perte et
de l'oubli impossible, récit de l'enfance avec ses enchantements et ses
blessures, récit d'une transmission qui, malgré tous les silences,
s'opère en ligne brisée à travers trois générations de femmes.
«Sa voix s'éteint. Malgré les années qui le séparent de
ces instants, il ne peut achever sa phrase. Cet homme si
maître de lui ne peut prononcer le mot qui évoquerait
celle qu'il a perdue lorsqu'il avait deux ans. Je regarde
ce visage où l'arête des os laisse transparaître ce qu'il
sera sur son lit de mort, ces yeux fermés qui refoulent
les larmes. Il reprend son souffle et poursuit son récit...
Je crois que c'est ce jour-là que j'ai décidé de
remonter le temps.»