Le bonheur avec Aristote : Ethique à Nicomaque : Livres Ier, II & X

Aristote (IV<sup>e</sup> siècle av. J.-C.), à l'exemple des
philosophes qui l'avaient précédé, prend pour
point de départ de ses considérations, la question
du souverain bien, ou l'idée absolue de
bonheur. Tout ce qu'on fait, dit-il, tout ce
qu'on entreprend, a nécessairement un but,
qui est, en dernière analyse, le plus grand
bien possible de celui qui agit. Par conséquent,
tous les arts, toutes les sciences dont l'homme
s'occupe, ont pour but ou pour dernière fin
un certain avantage qui doit en résulter ; et
comme elles sont subordonnées, à quelques
égards, les unes aux autres, il doit y en avoir
quelqu'une dont la fin est principale, essentielle,
et telle que les autres ne soient, pour
ainsi dire, que des moyens d'arriver à celle-là.
Cette science principale et supérieure est la
politique, qui a pour but le plus grand bonheur
de l'homme, et même des hommes réunis en
sociétés.