Droit international des droits de l'homme et droit international humanitaire : réflexions sur la complémentarité de deux faces d'une même médaille

Au XXI<sup>e</sup> siècle, le respect des droits de l'Homme et du droit humanitaire
constitue une exigence universelle. Cela procède du caractère objectif
des droits consacrés par les instruments internationaux afférents aux
droits de l'Homme et au droit humanitaire. En termes de protection des
droits fondamentaux, il existe un ensemble de dispositions liant la quasi-totalité des États. Néanmoins, ces dispositions ne possèdent ni la même
effectivité ni la même efficacité en raison de plusieurs facteurs limitatifs
ou dérogatoires. Ces derniers entraînent souvent des lacunes dans le
respect des exigences des droits fondamentaux. Ces lacunes peuvent
résulter de l'absence d'application concomitante des droits de l'Homme
et du droit humanitaire, dans les circonstances de violations massives
des droits fondamentaux.
Cette situation a interpellé la communauté internationale, notamment
depuis 1968 durant la Conférence de Téhéran célébrant le 20<sup>e</sup> anniversaire
de la DUDH du 10 décembre 1948. Pendant cette Conférence, les Nations
Unies ont consacré le principe de complémentarité entre les droits de
l'Homme et le droit humanitaire. Depuis lors, cette dynamique de
complémentarité se renforce constamment. Elle a été accentuée par le
développement fulgurant de la justice pénale internationale depuis les
années 1990. Cette justice pénale internationale s'appuie à la fois sur les
dispositions des droits de l'Homme et celles du droit humanitaire pour
aboutir à une meilleure efficacité. Ce constat a incité la doctrine et la
jurisprudence à déployer davantage d'efforts pour vulgariser et rendre
plus effective la complémentarité entre les droits de l'Homme et le droit
humanitaire.
Dans cette perspective, cette étude se propose de réfléchir au
principe de complémentarité susmentionné à travers la doctrine et la
jurisprudence.