Entre lignes de partage et territoires de passage : les identités religieuses dans les mondes grec et romain : paganismes, judaïsmes, christianismes

Les chercheurs qui ont participé à ce dialogue entre réalités polythéistes et
monothéistes antiques ont interrogé une notion hautement problématique,
celle des «identités religieuses». Dans le monde dit classique, les «identités
religieuses» - c'est-à-dire les perceptions d'une singularité de soi ou des
autres énoncée sur la base de la représentation d'un référent conçu comme
supérieur et des relations construites avec lui - n'échappent pas au principe
du collectif. Les affichages identitaires s'inscrivant dans des stratégies de
représentation, il s'est agi de comprendre la place et la part de l'identité
religieuse dans l'identité sociale, d'établir le lien éventuel entre des affirmations
identitaires appuyées et des sociétés ambiantes où la pluralité religieuse
fait voisiner identités statuaires et identités choisies, d'examiner si un
même sujet adhérent de plusieurs cultes se représente comme porteur
d'identités religieuses différentes, d'étudier comment la forme sociale du
système religieux de référence (civique, ethnique, universel) intervient dans
la définition et les modalités des identités religieuses, et, donc, en prenant
appui sur des travaux existants sur les identités juives et chrétiennes, se
demander si - et si oui, en quoi ? - l'émergence du christianisme a fait naître
une identité religieuse d'un type nouveau.